Les œuvres françoises de Joachim du Bellay
Gentil-homme Angevin, & Poëte excellent de ce temps.
Revues, & de nouveau augmentées de plusieurs poésies non encores auparavant imprimées
A Paris. Chez Abel L’Angelier. 1584
Abel Langelier, éditeur de Montaigne et de l’élite intellectuelle du XVIe siècle, suivant de près l’édition de Morel de 1574, créé ici une version retravaillée, sur la mise en page, l’orthographe et la typographie ainsi que sur l’ajout de sonnets d’hommage inédits, stabilisant le corpus de la Pléiade pour les prochaines générations.
Le corpus de cette édition deviendra le standard des œuvres de Du Bellay pour les éditions rouennaises (Brunet I 749.) et ne bougera plus jusqu’à l’édition Lemerre de 1866 (dans laquelle Marty-Laveaux sacralise Morel et Aubert). Ce livre est relié par Hippolyte Duru en 1855, un des plus grands relieurs du XIXe alors au sommet de son art.
In-12 de 85x142mm à belles marges de [2]ff. gardes blanches, [1]f. page de titre, [11]ff. comprenant l'épître au Roi, un sonnet de Scevole, la table des œuvres, un sonnet inédit en hommage à l’auteur, puis l’ordre des œuvres, 583ff., [1]f. colophon. [2]ff. gardes blanches.
Reliure signée d'Hippolyte Duru (1855). Plein maroquin rouge, triple encadrement de filets dorés sur les plats, filets dorés en pointillés sur les nerfs, caissons finements décorés avec fleurons dorés, pièce de titre doré avec titre, imprimeur et année, dorure sur marbrure sur les tranches, tranchefile cousus main, filets dorés sur le dessus des coiffes, dentelles dorées des plats intérieur visibles sur les chasses. Contreplats en papiers marbrés avec encadrement de dentelles dorées, gardes blanches.
Très plaisant ouvrage de bibliothèque, s’il a été décidé de le faire relier dans les plus belles finitions (en témoignent les tranches dorées sur marbrure) par Duru en 1855 cela souligne l’importance qu’on a attribué à cette édition. Le XIXème siècle sera marqué par un nouvel intérêt pour Du Bellay qui aboutit à la première réédition des œuvres complètes en 1866 depuis celle de Rouen de 1597.
État : très bon état de conservation, la reliure conserve toute sa fraîcheur et sa solidité, l’intérieur a très peu de défauts ou de salissures (voir photos). Traces d’oxydations anciennes sur les plats. Dépassement d’un cahier en bas de la tranche extérieure opposée au dos qui a été relié ainsi par Duru.
Bibliographie :
Bulletin du Bibliophile Techener, 1er janvier 1842. p.3.
Brunet I 749.
Tchemerzine III 77.
Note : Tchemerzine semble ignorer la présence d’un sonnet inédit attribué à Dauphine des Jardins de Provence car il le signale à partir de l’édition de 92.