Medicinisch-Chymisch- und Alchemistisches Oraculum, darinnen man nicht nur alle Zeichen und Abkürzungen welche so wohl in den Recepten und Büchern der Aerzte und Apothecker als auch in den Schrifften der Chemisten und Alchemisten vorkommen findet, sondern deme auch ein sehr rares Chymisches Manuscript eines gewissen Reichs beygefüget. (Suivi de) Geheimniß aller Geheimnisse oder Clavis Sapientiae omnium philosophorum et adeptorum, in einem guldenen Kleinod und Compendio veritatis philosophico, aus einem uralten Manuscript von Anno 1300 mitgetheilet und ans Licht gestellet.
Oracle médical, chimique et alchimique, où l'on trouve tous les signes et abréviations en usage dans les recettes et les livres des médecins et apothicaires comme dans les écrits des chimistes et alchimistes, auquel est joint un très rare manuscrit chimique d'un certain Reichs — Le Secret de tous les secrets, ou Clef de la sagesse de tous les philosophes et adeptes, tirée d'un très ancien manuscrit de l'an 1300.
Ulm et Memmingen, Gaumische Handlung, 1755. Colophon : Ulm, Christian Ulrich Wagner, imprimeur de la chancellerie.
In-8 de 205 x 130 mm. (3) ff., 72 pp. Cartonnage d'attente de l'époque, muet. 2 bois à pleine page, bandeaux, lettrines, culs-de-lampe et marque de l'imprimeur (presse typographique, devise Cum ubertate vigo). Ex-libris manuscrit ancien sur le titre.
ÉDITION ORIGINALE de ce petit livre à double fond, qui est à la fois le dictionnaire de symboles le plus complet jamais imprimé par l'alchimie tardive et un traité hermétique en règle, adressé « aux Fils de la Sagesse naturelle hermétique ».
La première partie (pp. 1-34) est un pur objet de curiosité typographique : 1 829 signes, gravés sur bois ou fondus spécialement, rangés en tableaux à deux colonnes, latin et allemand, sous 359 entrées, d'Abstrahere à Zincum. On y trouve jusqu'à trente variantes graphiques pour le seul alun, une trentaine pour le vinaigre distillé, les sept métaux sous leurs planètes, les opérations du Grand Œuvre, les vaisseaux, les temps et les poids. Le préfacier, daté du 16 janvier 1755, explique avoir voulu réunir ce qui traînait « épars et dispersé » dans les livres des alchimistes afin que chacun puisse enfin les lire.
La seconde partie change de registre. Le Clavis Sapientiae, présenté comme tiré d'un manuscrit de 1300, s'ouvre sur un titre au verso duquel un aigle bicéphale enlacé d'un caducée, inscrit dans un losange, avertit le lecteur : « Wer mich liest, der mercke drauf » — qui me lit, qu'il y prenne garde.
Le second bois, sous la devise Ora et labora, montre un vieil alchimiste agenouillé devant son athanor, tenant la pierre des philosophes d'une main et une lampe de l'autre, tandis qu'une main sortant des nuées lui tend un phylactère : Initium sapientiae timor Dei.
L'iconographie est directement héritée de l'Amphitheatrum de Khunrath, et le texte s'y réfère ouvertement, évoquant « notre Oratoire et Laboratoire secret ». Suivent l'épître aux frères et amis hermétistes, une préface qui reproduit celle de l'Aureum Vellus de Salomon Trismosin (avec le catalogue de ses traités), puis le traité lui-même, où les recettes de la quintessence, du sel des métaux et de la teinture rouge s'écrivent avec les symboles que la première partie vient d'enseigner.
Le livre se lit ainsi comme un cours : d'abord l'alphabet, puis le texte.
Ouvrage de référence depuis deux siècles et demi. Wolfgang Schneider, titulaire de la chaire d'histoire de la pharmacie de l'université technique de Brunswick, en fit en 1962 la base de son Lexikon alchemistisch-pharmazeutischer Symbole, et Adam McLean l'a repris intégralement dans ses Hermetic Studies. Une seconde édition parut à Ulm en 1772 ; la première, dans son cartonnage d'origine est rare.
Ouvrage plein de charmes.
Ferguson II, 84. Duveen 440. Neu 2733. Wellcome IV, 102.
https://opendata.uni-halle.de/handle/497920112/1149660
https://de.wikipedia.org/wiki/Wolfgang_Schneider_(Pharmaziehistoriker)
État : cartonnage tel que paru, sali et patiné, dos usé ; légère mouillure aux premiers feuillets, manque d'un dernier feuillet blanc.