La métamorphose d'Ovide figurée
A Lyon par Jean de Tourne, imprimeur du Roy. 1583.
In-8 de 172x110mm. Veau brun moucheté d’époque à 5 nerfs.Caissons à motifs dorés et pièce de titre dorée. Roulette dorée sur les nerfs et sur les bords extérieurs des plats. Tranches jaspées.
[1]f. blanc ,2ff. (a1-a2) Titre + dédicace, 89ff. (a3 - m3), marque imprimeur en m4. Soit 178 bois gravés.
Troisième édition de cet impressionnant ouvrage, joyau absolu de la Renaissance française, il est également le témoin temporel de la dynastie d’imprimeur Jean De Tournes.
Jean De Tournes “père” (1504-1564) était un des imprimeurs typographe lyonnais célèbre du XVIème siècle. Imprimeur du Roi, il travaille avec les auteurs célèbres de l’époque comme Louise Labé ou Joachim du Bellay.
Celui-ci publie en 1557 les Métamorphoses d’Ovid figurée, 178 huitains composés par le poète Barthélemy Aneau à partir des Métamorphoses et accompagnés de 178 gravures de l'illustrateur Bernard Salomon il fit une réimpression en 1564.
Dans La métamorphose d'Ovid figurée, Barthélemy Aneau, Bernard Salomon et Jean De Tournes retranscrivent le cœur de l'œuvre d'Ovide, la thématique du passage, du changement d’état y est dominante.
Daphné changée en laurier, Actéon métamorphosé en cerf… Salomon fige sur un morceau de bois fixe le moment précis où un être humain devient une plante, un rocher ou un animal. Il réussit également à intégrer des paysages profonds, des architectures de la Renaissance avec des perspectives fuyantes, et des ciels tourmentés grâce à des réseaux de hachures d'une finesse microscopique.
Jean de Tournes “Fils”, protestant huguenot, a dû quitter Lyon en 1585 pour Genève, fuyant les tensions et les violentes répressions dues aux conflits religieux entre Protestants et Catholiques (Lyon à ce moment-là est passé sous contrôle Catholique).
L’édition de 1583 fut certainement une des dernières de la dynastie de Tournes imprimée dans la capitale de Gones. La mention “Imprimeur du Roi” sur la page de titre, qui ne figure pas sur l'édition de 1557 (mais sur celle de 1564), revendique le titre honorifique du glorieux passé de son père. Jean de Tournes fils laisse-t-il ici la trace d’une émouvante et vaine tentative de protection ? Ou peut-être essaye-t-il de remémorer à tous le souvenir d’un passé où les temps furent meilleurs ?
État : petites restaurations sur la reliure, oxydations sur les plats. Très bon état pour l’intérieur.